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Œuvres récentes de Hatem GHARBI et Khaled TURKI
à la galerie SEBAÏ
Par Ronz
NEDIM, dimanche 22 juin 2003.
Il s’agit
de deux bonnes nouvelles à annoncer : la première c’est qu’une
nouvelle galerie vient juste d’ouvrir ses portes à El Menzah V,
baptisée galerie SEBAÏ de l’artiste Khelil Sébaï et dirigée par
son épouse Néziha. La galerie a bénéficié à l’occasion de son
ouverture, en mai dernier, d’une exposition exceptionnelle et
attractive des œuvres de Khélil Sébaï.
La deuxième bonne nouvelle c’est que la galerie abrite actuellement, et
depuis le 18 juin, les œuvres de deux peintres qui semble être en pleine
possessions de leur art. l’un. Hatem GHARBI, est enseignant à l’Ecole
Supérieure des Sciences et Technologie du Design, et diplômé de l’Ecole
Supérieure des Beaux-arts de Tunis. L’autre, Khaled TURKI, ancien
assistant pédagogique d’éducation artistique et qui expose depuis 1965.
Tous les deux primés dans des manifestations à l’échelle nationale. Un
bon parcours et un professionnalisme se reflètent dans leurs œuvres dont
les concepts qui prévalu sont : une passion pour la peinture, une
recherche de la qualité et une tendance à l’innovation.
En fait, les deux artistes exposés dans cette galerie représentent ce
qu’il y a de plus achevé dans l’art et en même temps dans l’art
contemporain.
Un régal de couleurs
Les œuvres ici particulièrement bien mises en valeur. Quant à l’œuvre de
Khaled TURKI, on est d’emblée séduit par la fête qu’elle suscite ; on y
célèbre l’amour, le rêve et l’imaginaire. L’artiste, tel un funambule,
parcourt la voie périlleuse de l’art, sans faillir, avec la légèreté. Il
est de ceux qui connaissent la profondeur des choses et des êtres. Des
formes et des silhouettes plongées dans des halos de couleurs d’une
extrême magnificence. Les titres sont charmeurs et accrocheurs :
« l’artiste », « ballerine », « le metteur en scène », « cinéma », etc.
ce sont les œuvres de Khaled TURKI, qui nous invite au voyage à travers
l’univers onirique de sa palette. Nous naviguons, en effet, à travers
des couleurs tendres empruntes de lumières mystiques.
L’art naît des choses simples
Réalistes mais surtout imaginaires, les œuvres de Hatem GHARBI viennent
se situer comme une nouvelle étape de son parcours symbolique et
pictural. on retrouve dans son travail, cette étrange sédimentations
d’une mémoire antique, de signes rupestres, de réminiscences orientales
évoluant vers de nouveaux horizons artistiques. Bois, tissus, papiers,
journaux, encre… à partir de matériaux simples, il tisse, sculpte et
imprime, non pas seulement des œuvres, mais tout un rapprochement et un
lieu entre les cultures arabo-berbères, méditerranéennes et asiatiques
(calligraphie chinoise… ).
« Le scrutateur », « contre-jour », « le voyeur » et bien d’autres
titres révèlent des œuvres attrayantes de ce plasticien.
Profondeur, messages, univers oniriques, il appartient à chacun d’aller
puiser sa richesse dans la pureté des peintures de deux artistes qui
exposent jusqu'au 7 juillet.
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Sculpter la couleur...
Par Nadia ZOUARI
Enseignant à l'école supérieure des sciences et technologies du design,
Hatem GHARBI avait d'abord travaillé dans le domaine de la publicité
avant de pouvoir entamer sa carrière et de se consacrer à la peinture en
parallèle.
Les exigences de la pub avaient fini par l'insupporter estimant que ce
domaine ne nécessitait pas de réelles créations artistiques. Il a
préféré se fixer les contraintes de sa propre peinture plutôt que de
subir les asservissements de la pub.
Son approche laisse deviner un rêveur éveillé, muni d'une perception qui
consiste à pressentir plutôt qu'à discerner, et à développer une
sensibilité presque tactile de sa peinture. Ses ouvres semblent
naître tout à la fois de tâtonnements inspirés et de véritables
certitudes. Ne portant la marque d'aucun lien ou de temps identifiable,
exemptes de tout élément narratif, elles laissent deviner un monde
baigné de mystères.
son support est le plus souvent le bois qu'il aime préparer et enrichir
de matières sculptées et gravées. tracer et en profondeur souvent, les
êtres qui traversent la peinture de Gharbi n'en sont que plus présents,
ravivant notre attention et nons conduisant à balayer le réel pour nous
projeter dans l'instant de la découverte.
L'originalité de sa technique réside dans dans le fait qu'il utilise des
encres typographiques qu'il récupère des affiches ou des magazines. Sa
démarche reste écologique, et il s'en réjouit, puisqu'il ne jette plus
que le papier dont l'encre a été retirée. Grâce à ce procédé, il arrive
à jouer sur le contraste de la couleur, sa transparence et son
opacité dans un aller -retour permanent entre sensation et pensée, entre
constat et prospective. Ainsi la typographie n'a plus sa fonction
d'origine, elle devient prétexte à un élément plastique et
esthétique.
Plusieurs Biennales l'ont déjà reçu pour ne citer que celles du Caire,
il y a deux ans puis Sharjah dans dans les Emirats en 1997 et Europ Art
à Genève en 1998.
Son approche reste
contemporaine où chacune de ses oeuvres doit apporter une réflexion
pertinente posée sur une problématique entre soi et le monde. Pour lui,
la peinture ne doit pas être réduite à un simple objet de décoration,
elle doit rester un mobile de lecture.
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Le peintre de l’allégorie
Par ma femme Nadja.
Des réminiscences subtiles et énigmatiques nous
sont contées à la Galerie CHIYEM II. Un travail de longue haleine,
vue recherche à travers les tréfonds de la mémoire nous permettent
de comprendre que l’Art a pour fonction de libérer HATEM EL GHARBI
de ses chimères ; celles-ci ont pour valeur d’aider l’artiste à
créer un monde idéal, visionnaire, très stylisé, baignant dans une
atmosphère poétique.
Car la peinture de cet artiste repose essentiellement sur des
allégories= chaque élément évoque minutieusement les aspects d'une
idée et va même au-delà.
Ses œuvres sont
exécutées sur toile avec de la peinture à l’huile et le stuc. Le
grattage est la technique qu’il a adoptée pour créer l’illusion,
qui n’a rien à voir avec " le trompe-l’œil " de la peinture
classique qui, elle, perce la toile. Sa peinture est donc
frontale.
Il a réuni l’ensemble de ses toiles sous le titre de
" PROLIFERATION ". Tout est là ! Son inspiration l’a porté à filer
la métaphore, celle du bonheur foisonnant des formes et des
couleurs.
Je l’ai maintes fois observé face à sa toile blanche, vierge –
voire virginale – où il commence par tracer… un carré ! Et de là,
comme par miracle, une infinité de parallèles et de
perpendiculaires se tissent peu à peu, inéluctablement, pour
engendrer le paradigme de la multiplication.
A chaque " naissance " ces mots de Victor Hugo me reviennent :
" La majesté maternelle remplaçait la pureté virginale ". Parce
qu’au cœur de la toile, il a modelé, sculpté le corps d’une femme
au ventre rond – ou sur le point de l’être.
Dans ce " paradis " " secret ", ou peut admirer " La Terre " (qui
a participé à EUROP’ART 98 à Genève) où une constellation illumine
l’ensemble comme pour signifier l’ascendant de l’artiste, sa
"bonne étoile " qui l’a fait naître sur une terre féconde, sur le
point d’enfanter.
On se promène dans " Le Jardin " et ses fleurs, dans les vignes de
" la Grappe ", les quatre saisons de " l’Epi ", et parmi les
abeilles de " La Ruche ".
Ce n’est pas un hasard si la femme est hissée sur un
" Piédestal ", nous enchantant à travers la mélodie et la danse
dans " Jeu de dames ", nous invitant comme, BAUDELAIRE " Là où
tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ".
Par ailleurs, les formes, les courbes de cette femme sont
accentuées à souhait pour rompre avec la rigidité de la ligne
droite.
Elle est tantôt " Modèle ", " Coiffeuse ", " Violoniste ",
" Narcissique ", tantôt " Reine de Carreau ", pour que " le
Cavalier " ne soit pas seul !, encensée par " La Poire ". La femme
de Hatem est spontanée, nue, c’est à dire sans artifice, heureuse,
parée pour un heureux événement, adulée, couronnée et… enivrante !
Elle apporte la paix – du logis ? – à travers " la Colombe ", et
marque d’une pierre blanche la fin du millénaire avec " la Date ".
Elle trône sur le marbre, la pierre, le bois ou la céramique,
matières si savamment reproduites qu’on est tenté de les caresser
pour retrouver aussi une sensation (le froid ou le rugueux) vient
après la question de l’intégration de la Calligraphie arabe,
latine et même hébraïque. Cela m’a souvent fait penser à Dalila
qui m’avait jamais réussi à déchiffrer les signes et le langage
mystérieux de Samson durant ses rêves. Sans doute Hatem se
souci-t-il, lui, d’apporter une lecture plurielle à son œuvre.
Parce que justement, on ne regarde pas seulement, on lit, on
retourne la toile dans tous les sens et… on caresse !
C’est tendre, poétique, attachant, là où la femme est une muse,
celle qui a insufflé à Hatem l’audace nécessaire de créer. Et
Hatem est de surcroît superstitieux ; il voudrait la protéger du
mauvais œil (présence constante du poisson, de la main de Fatma,
du fer à cheval).
Il veut qu’on s’attarde devant chaque œuvre, qu’on y réfléchisse
et qu’on s’imprègne de ce conte qu’il a bien voulu nous narrer.
L’enseignement de VOLTAIRE, il l’a suivi. Il a cultivé son jardin,
où tout a proliféré, où le hasard n’a pas sa place.
Thésée serait-il sorti du labyrinthe sans le fil d’Ariane ? Suivez
les méandres de cette peinture : ils mènent tous à… la FEMME. Je
m’y suis retrouvée, pleinement.
Merci mon
peintre.
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" PERENNITE " DE HATEM GHARBI
Hommage aux vestiges
Par
Mohamed Bouammoud
Avec sa troisième exposition,
Hatem Gharbi sait maintenant ce qu’il aime le plus : grandeur et
immortalité.
Mais qui étaient donc ces
hommes architectes, maçons et manœuvres qui avaient construit dieu
sait quand tous ces forts et forteresses, ces arcades et arcs
boutants dont subsistent aujourd’hui des ruines jamais tombées
tout à fait en ruines ? Archéologues et historiens, le temps d’une
exploration et d’une concertation, paraissent très sûr d’eux-mêmes
et tombent d’accord pour nous renvoyer tantôt au 15éme siècle,
tantôt au 16éme, voire, par fois, au 14éme. Ces artisans seraient
donc des Hafsides (1229-1574) ou des corsaires turcs (1556-1558)…
Qu’importe. Hatem Gharbi n’a, au fond, besoin ni d’un nom ni d’une
date. Quand il s’oublie de Dougga à Sbeitla, de Utina ( El Fhs) à
El Jem, en passant, bien évidemment, par la médina de Tunis, à
regarder tous ces vestiges dont il ( sait et cela seulement lui
suffit ) qu’ils remontent à quelques siècles avant, ce, qui
l’intrigue, plutôt ce qui l’émeut le plus, c’est leur taille
hautaine mais impressionnante tant elle s’est montrée capable de
narguer le temps en dépit de ses intempéries et même s’ils ( les
vestiges) ont du perdre, le long des siècles, quelque peu de leur
narcissisme et de leur superbe ces cassures et autres fêlures qui
constituent, avec les débris la seule marque d’un temps fort
jaloux et qui n’eût su passer sans les stigmatiser. Il n’empêche.
ils sont toujours là. Grandioses et grandiloquents par leurs
formes qui rappellent une civilisation, séculaire et légendaire,
très attachés à son immortalité au point de les avoir ( les
monuments) " amoncelés " pierre par pierre et si fortement comme
pour tenter de tenir tête à l’infinitude. Hatem Gharbi, de sa plus
tendre enfance jusqu’à la maturité, ne s’est jamais complètement
relevé de son hébétude, de sa fascination devant le phénomène de
la grandeur et de l’immortalité. Sont sortis de cette fascination
24 tableaux imposants, comme un hommage aux vestiges. Pour un peu,
Hatem Gharbi aurait nécessité l’amphithéâtre de Carthage (Plutôt
que la galerie Arabesk où il a exposé du 8 au 26 novembre ) afin
d’abriter certaines de ses toiles majestueuses. Mariant le stuc,
la peinture à l’huile et le glacis, l’artiste a mis deux ans et
demi pour venir à bout de son ouvre, presque autant qu’un artisan
antique aurait mis pour édifier son monument.
Reste à savoir si les monuments, aussi puissants et hautains
qu’ils soient, sont vraiment immortels. Leurs cassures ( que
l’artiste reproduit fidèlement ).
Leurs fêlures et leurs débris ne sont-ils pas la preuve que tout,
est voué, à la longue, à l’extinction ?
Lui, Hatem,, s’en moque, car il sait, lui, que l’artiste est
immortel. Plus tard, longtemps plus tard, l’humanité verra bien
duquel ou de laquelle le temps aura surtout raison : l’art ou la
pierre…
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Hatem Gharbi à la galerie Arabesk
DE LA MUSIQUE DANS LES PIERRES
Par Ali
Koyita
Nul n’ignore que l’être humain passe ici – bas
Comme une météore.
Retournant ainsi à son état originel ainsi à son état originel. Il
n’est que poussière. Par contre, ce qui persiste et résiste au
temps, ce sont les monuments qu’il a érigés de ses propres mains
et qui s’inscrivent dans la durée. En tout cas plus que lui-même.
Hatem l’a
compris. Lui qui peint les robustes et pharaoniques monuments de
Tunisie. De Dougga à Zaghouan, en passant par Tunis. Ce qu’il
cherche à atteindre la quintessence de la matière. Cette matière
muette et silencieuse faite de voûtes, de portiques et de colonnes
est d’autant plus suggestive que l’on est d’emblée transporté dans
l’Histoire. Celle qui vibre avec ses quadriges et chars, ses dieux
du vent et de la mer. La pierre parle, la pierre se souvient.
Aussi, chez Hatem Gharbi, se charge-t-elle d’une musicalité des
temps d’antan : " je vois en ces monuments un côté poétique
et musical ".
Et les
pierres, dans leur disposition, évoquent, semble-t-il, un
orchestre symphonique, car disposées sur plusieurs niveaux. Le
tableau intitulé " Decrescendo " représentant un aqueduc est
un mouvement musical où la musique aquatique sort de la syllabe
finale du mot ( d’eau ).
En outre, ce qui distingue la création plastique de H. Gharbi,
c’est quand il considère les ruines comme des monuments inachevés.
Il ne s’agit pas d’édifices ayant connu quelque destruction, mais
des constructions que les hommes, dans leur orgueil et leur goût
du gigantisme, n’ont pu achever. L’œuvre avorté. Mais, tout de
même on se promène entre une mosaïque de civilisations et de
styles. De la romaine à l’arabomusulmane à la finesse.
En somme, une véritable rétrospective du patrimoine architectural
tunisien. Là quand même, monsieur Gharbi, c’est du travail presque
achevé. Alors, amateurs d’art et esthéticiens, courez voir.
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La pérennité et la cassure
Par Anne-Marie El Khatib
Voilà un artiste qui a travaillé à la recréation de lumière
des pierres millénaires sur le sol tunisien.
Il s'agit de Hatem GHARBI qui a été graphiste au sens
industriel pendant plusieurs années aprés son diplôme de l'I.T.A.U.T.
Il a arrêté parce que le travail de commande n'est pas
apprécié à sa juste valeur. Les commanditaires ne tiennent
guère compte de l'élaboration. Certes, il veut gagner sa vie
mais pas n'importe comment et il est devenu enseignant. En
parallèle, il a mûri lentement et sûrement sa vocation de
peintre.
Rivaliser
avec la pierre.
Il
s'est embarqué dans une longue aventure, celle de la
recréation de pierre, Il ne s'agit pas pour lui d'une
imitation plate ; au contraire, il vent restituer sur
la toile le relief. Il a son secret de fabrique et il ne
refuse pas que le visiteur touche la toile pour entrer dans le
secret.
Il a un amour
sensuel de cette pierre, de sa résistance au temps de sa
pérennité.
Cet amour
n’exclut pas la précision car il fournissait des dessins de
stèles à Carthage, à la demande des étudiants en archéologie,
avant de se lancer audacieusement.
Une exposition
complète.
Son exposition –qui sera prolongée partiellement au-delà du 26
novembre à la galerie Arabesk est pleinement
satisfaisante. D’abord, l’artiste a multiplié les anges de
vue, « les angles de tir ».
Il choisit les
aqueducs de Zaghouan aussi bien que le Colisée d’El Jem, les
colonnes, les fosses d’orchestre ou les scènes : Dougga,
Carthage.
Partout il
suggère la force de la base, du « socle », du piédestal.
Mais il sait
dire aussi l’effondrement ou la fracture par une technique
parallèle à la représentation. Tout simplement, il assemble
plusieurs toiles, comme métaphore de la cassure.
Non seulement il
peut mais il symbolise et il joue aussi puisqu’il lui est
arrivé de recomposer un ta de pierres éboulées.
Métaphore et
titres
De plus, il sait nommer ses tableaux d’une façon stimulante et
musicale. « Symphonie » pour la verticalité d’El Jem,
« Decrescendo » pour la descente d’un aqueduc, « Ouverture »
pour des arcades en plein ciel, « Orchestre » pour des sortes
de bancs de scène.
Il nomme deux
tableaux « Avant propos » pour signaler le point de départ de
son travail.
Il n’oublie le
destin d’aucune pierre, car il produit aussi des portes et des
fenêtres en « arabesques ».
C’est un heureux
hasard que la tenue de cette exposition avec celle des photos
de Khéchine « pierres illuminées » à la maison des arts. A
voir vite.
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En couverture Peinture
Hatem Gharbi, tel qu’en lui-même…
Par
Anne-Marie El Khatib
Parmi de nombreux
créateurs, comme Ferid Ben Yahia, Thar Mguedmini, Lamine Sassi,
pour citer la même génération, Hatem Gharbi s’est particulièrement
distingué cette année parce qu’il n’avait pas encore eu sa
" grande exposition ", l’exposition qui marque la vie de l’artiste
et marque le visiteur aussi dans sa vie.
C’est chose faite en 1996.
Que faisait-il ces années ? Il recréait seul les pierres, la
beauté du monument ancien légué par les ancêtres romains et
arabes, monument devenu ruine parfois, mais parfois si solide
qu’il défie le temps.
Ainsi Hatem Gharbi cherchait la pierre qui résiste, qui tient et
il lui consacrait tous ses travaux de recréation, il rivalisait
avec elle ; puis le fruit étant mûr, il l’a exposée à la galerie
Arabesk à Tunis.
Le fruit de l’amour et de la méditation
Il y a eu là une grande exposition, car le peintre recrée
sensuellement la matière ou la texture de pierres, ses diverses
couleurs selon les heures, avec des couleurs selon les heures,
avec des moyens à lui, car il est capable de longue patience et de
méditation.
Surtout son amour de la pierre, ce n’est pas le passé avant tout,
mais la durée, la pérennité comme le disait le titre de
l’exposition. il aime ce qui traverse le temps et est encore au
service des hommes comme l’amphithéâtre, ou le déploiement superbe
d’un aqueduc pour le plaisir des yeux.
Cet artiste unit difficultés majeures le passé et le présent, la
reproduction avec la création.
Sans nostalgie, il est capable de recréer aussi bien la continuité
par une belle texture, mais aussi la brisure par un assemblage
reste visible à dessein, comme métaphore de la cassure.
Il sait symboliser et il sait nommer d’une façon musicale :
" Symphonie ", " decrescendo " pour la descente d’un
aqueduc, " ouverture " pour des arcades en plein ciel. Il n’oublie
ni la matière, ni la musicalité, ni le travail des hommes qui ont
peiné à cause de ces pierres " leur destin volé ", ni le plaisir
de toucher la toile qu’il autorise au visiteur.
Du bel ouvrage et lien intelligent entre les âges de la Tunisie.
Le peinture tel qu’en lui-même, l’exposition le change.
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Tunis – hebdo 18-24- novembre 1996
" Pérennité " de Hatem El Gharbi
Et la pierre a dit …
Hatem El
Gharbi dresse la pierre dans sa continuité. Dans le tempset la
prolongement de l’espace. " Pérennité exposition à la
galerie Arabesk, prouve qu’il révolue et c’est à juste titre qu’il
lui rend hommage. Découverte…
Dougga El Jem, Sbeitla, la Médina : Hatem El Gharbi s’inspire de
lieux mythiques et mystiques du berceau ancestral des édifices qui
témoignent d’un cachet culturel propre à toute une civilisation.
Le temps à fait son chemin à travers les âges : les aspérités sont
là pour en attester. Mais la pierre est toujours là. Solide,
témoin d’un vécu séculaire de rénovation picturale : la pierre
renaît de ses cendres , comme nouvelle à la vie. Aussi imposante
et robuste qu’à ses premiers jours. Et c’est justement cette
résistance qui impressionne Mer. Gharbi : " tout ce qui est à base
solide résiste le plus longtemps aux ères du temps. C’est la
preuve d’un vécu, d’une présence dominante. Mais ce qui m’attire
encore plus, c’est la base du monument, le socle, colossal et
majestueux. C’est là où tout le poids repose ".
Cette nature retrouve qu’il a tant affectionnée lors de son
professorat à Jendouba, réputé pour ses vestiges antiques l’a
énormément inspiré. Son séjour dans des sites architecturaux, à
l’occasion de jobs de vacances lorsqu’il était étudiant, lui a
permis également de découvrir un pan de l’histoire antique et
architectural. Et cela se constate jusque dans le détail de ses
œuvres. Tendez l’œil plus près et vous verrez le relief qui modèle
la pierre. C’est que M. El Gharbi tient précisément à reproduire
aussi bien la forme que la structure et la matière, dans la plus
pure réalité. Pour faire plus œuvre réalité. Pour faire plus vrai,
plus authentique. El il ne manquerait plus qu’à y apposer le
cachet.
La plupart des peintures à l’huile sont travaillées au stuc (
matière ressemblant au plâtre )
Et permettent donc ce relief plus vrai que nature.
Autre effet renversant : le peintre a volontairement adopté
l’effet de puzzle ou plutôt de morcellement en " cassant " sa
toile en deux, trois ou six panneaux. Cet effet de cassure reprend
le réalisme du monument, l’effritement, mais la pierre résiste et
reste intact à l’œil. Hatem El Gharbi réussit là un terrain encore
jamais exploité : celui de la pierre. Et cette première exposition
individuelle est un coup de chapeau. Mais il n’entend pas
s’arrêter en si bon chemin et reste toujours en quête d’autres
inspirations, ne voulant pas s’emprisonner dans un style
particulier.
M. Khaled Tarzi, directeur de la galerie " Arabesk ", toujours
prêt à promouvoir les nouveaux talents, réussit là son pari !
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Œuvres
de l’artiste A la Galerie
Arabesk
Exposition de Hatem Gharbi
Hommage à la perpétuit
Par Haifa HASSAIRI
" la pérennité des … traditions" écrivait Balzac. Fidèle à cette
pensée car charmé par les édifices du passé qui nous défient
encore aujourd’hui, le peinture se trouve tout naturellement, à
travers son travail, dans l’Hommage. Vingt-quatre toiles exposées
sont donc dédiées aux monuments historiques qu’elles représentent
(et qui s’apparentent surtout à l’architecture).
Traces de
civilisations passées, résistant au temps, elles témoignent d’hier
tout en s’affirmant par leur existence dans le présent. Ces ruines
romaines ou encore ces édifices datant de l’époque arabe qu’on
retrouve ici fragmentés, soit par l’effet du temps soit pour le
besoin purement plastique de la composition, nous rappellent notre
mémoire. Sur le carton d’invitation on lit ceci : " ils (
ces monument historiques) sont la survivance même, dans toute sa
magnificence, témoins d’un passé glorieux. Et c’est parce qu’ils
constituent une continuité ". les toiles de Hatem Gharbi portent
des titres comme : " au pied du minaret " - Arabesque " 1,2
et 3 – " Guirlande d’acanthe – " Sur Scène " - "
Piédestal " - " Orchestre " -" Pièces de théâtre " ( pièces qui
sont fragments, morceaux) " Amoncellement " … le peinture
place son objectif, introduit son regard au creux d’un angle, d’un
coin, le temps d’une marche d’escalier, s’arrêtant à une fenêtre,
à un pilier voire à quelques pierres, ruines autour d’une colonne,
pour mieux apprécier la texture que met en relief la lumière. "
Pierres et lumière " qui est le titre de l’un de ses travaux
résume toute sa préoccupation artistique. C’est dans une volonté
d’imiter la réalité telle qu’elle est que Hatem Gharbi déploie les
techniques qu’il a choisies pour rendre compte de ce qu’il voit :
L’aspect granulé des pierres. Il utilise pour cela des toiles à
tramage épais comme support. Par ailleurs, certaines couches de
couleur sont parsemées de graines de sable. Hatem Gharbi joue en
plus de la lumière pour avancer et reculer les plans et par là
même traduire de volume. Ce qui donne des couches de peintures en
étages, une sorte de bas relief ou les épaisseurs des niveaux se
comptent par millimètres. Le résultat Trompe l’œil donne une
certaine illusion de la réalité même si l’intensité de la lumière
de ces tableaux est une pure interprétation picturale, car si
blanche qu’elle en devient aveuglante. Elle prend ainsi la vedette
dan la préoccupation plastique du peinture. Ces toiles lumineuses,
présentées séparément ou morcelées pour former une sorte de
mosaïque à l’empreinte monumentale.
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La Presse Mardi 12 Mai 1998
D’où Viens-tu ?
Par Sinda
BACCAR
La dernière édition du Salon international du livre et de la
presse, qui s’est tenue à Genève du 29 avril au 3 mai derniers, a
mis la Tunisie à l’honneur dans le cadre d’une exposition baptisée
" D’où viens-tu ? ".
De l’Afrique du Sud, en passant par la Belgique ou la Principauté
de Monaco, ce n’est pas moins de neuf pays qui ont ainsi proposé à
EUROP’ART 98, l’un de leurs artistes contemporains. La Tunisie
était représentée par Hatem Gharbi, jeune peinture talentueux,
enseignant d’éducation artistique.
Je suis sûre que vous vous posez la question ( si, si je vous
connais ! ) : Pour – quoi en parler dans Génération Internet ?
tout simplement parce que Hatem Gharbi est également un tunisien
" branché ". Plusieurs de se œuvres sont disponibles sur le
réseau Internet, sur un site qui vaut le coup d’œil .
Malheureusement, il est impossible de les commander en ligne.
Quand on lui parle d’argent, l’artiste lève le yeux au ciel et
s’exclame : " ce qui me fait vibrer, c’est le contact avec les
gens ! J’expose mes œuvres sur le réseau pour solliciter le
contact et le dialogue,. C’est d’ailleurs l’aspect qui m’a le plus
enchanté à l’occasion d’EUROP’ART 98. A ce titre, je suis fier et
heureux d’avoir été sélectionné parmi tant d’autres ^par le
ministère de la culture pour représenter mon pays. "
Cette ouverture vers l’extérieur s’est traduite dans la création
du représentant tunisien. En effet, les peintres invités étaient
tenus de réaliser une œuvre sur le thème de l’exposition " D’où
viens-tu ? ". Hatem Gharbi, qui se considère plus comme un
chercheur et un investigateur de la réalité tunisienne à travers
son histoire, s’est donc retrouvé dans son élément, lui qui part
toujours d’un thème précis pour définir avec une précision
méthodique la technique et le matériel adéquats. Le tableau qu’il
a composé exprès pour l’occasion met en valeur la mère. Mère
utérine ou mère patrie, qui composent l’œuvre et enceinte, elle
symbolise le lien entre la fertilité naturelle de la femme – dont
la silhouette rappelle étrangement la carte de la Tunisie et la
fertilité de la forme plastique.
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